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Actu IA · Gemini · Cour de justice de l'UE

Un conseiller de la justice européenne juge que Gemini peut porter atteinte aux droits des éditeurs de presse

L'avis non contraignant de l'avocat général Szpunar fixe la limite au contournement des paywalls et à la reprise de formulations reconnaissables, et considère l'entraînement des IA comme globalement permis par le droit européen.

Par Alexandre S. , 05:30 UTC

Un article de presse retrouvé par un chatbot et intégré à sa réponse peut, dans certains cas, porter atteinte aux droits de l'éditeur, a déclaré le 3 novembre 2026 un conseiller de la plus haute juridiction de l'UE. L'avocat général Maciej Szpunar a rendu son avis dans l'affaire opposant un site hongrois à Google au sujet de Gemini, rapporte RTE. Cet avis ne lie pas les juges, qui suivent généralement ces conseils et n'ont pas encore statué.

Illustration rétrofuturiste : un coucher de soleil rayé sur un horizon quadrillé, sous un ciel étoilé, avec un bâtiment à dôme et colonnes sur la ligne d’horizon.
Illustration adtestbench d'après « Google's Gemini can infringe press rights in 2 ways, EU court adviser says »,

Sa ligne de partage repose sur deux critères. Le premier concerne l'accès : atteindre l'article en contournant un paywall ou un blocage des visiteurs automatisés. Le second concerne la réponse : un récit si fidèle à l'article que le lecteur n'a aucune raison de l'ouvrir, explique PPC Land. Selon lui, les faits rapportés restent libres d'usage pour tous.

Aucune des parties ne repart les mains vides. Google obtient que Szpunar juge l'entraînement des modèles globalement permis par l'exception européenne de fouille de textes et de données, qui autorise un logiciel à lire des contenus en masse, un point que Google a reconnu dans sa déclaration. Il doute aussi que l'unique exemple de l'éditeur remplisse le critère. L'éditeur obtient le rejet de l'argument de Google selon lequel les articles gratuits portent une licence implicite de réutilisation par les chatbots, ainsi que l'avis selon lequel une simple reformulation ne suffit pas à trancher.

Les annonceurs se trouvent en aval de ce dossier. Les conditions de Google indiquent qu'elle ne revendique pas la propriété de ce que génère Gemini, et aucune clause n'accorde ni ne limite l'usage dans les publicités payantes, comme nous l'avons relevé le 24 octobre (notre matrice des droits).

La lecture de Szpunar, sur laquelle les juges n'ont pas encore statué, protège la formulation d'un éditeur et laisse les faits libres. Les conditions de Google n'accordent ni ne limitent l'usage en publicité : une marque qui reprend une phrase d'un résumé d'actualité de Gemini n'a donc aucune clause à invoquer si cette formulation s'avère être celle de l'éditeur.